Début avril 2020, l’AMF a mis en lumière un phénomène assez net : malgré la chute brutale des marchés liée au COVID-19, de nombreux particuliers ont recommencé à investir en bourse, souvent avec une logique de court terme. Si tu te demandes pourquoi autant de nouveaux investisseurs se sont lancés à ce moment-là, la réponse tient à un mélange de baisse des cours, d’effet de levier, d’envie de “profiter du rebond” et d’accès plus simple aux plateformes de trading en ligne.
Concrètement, cette période a surtout attiré des profils plus jeunes, plus sensibles aux produits spéculatifs comme les CFD, mais pas toujours conscients du risque réel. C’est précisément ce que montre l’analyse de l’AMF : l’appétit pour le risque peut remonter très vite quand les marchés chutent, mais cela ne veut pas dire que le timing ou les produits choisis sont adaptés à un investisseur débutant.
L’essentiel a retenir : la crise du COVID-19 a provoqué un retour massif des particuliers en bourse, souvent sur des stratégies à court terme.
- L’AMF a observé une forte hausse des nouveaux investisseurs au début du confinement.
- Les moins de 50 ans ont été particulièrement actifs pendant la crise.
- Les CFD et l’effet de levier ont attiré de nombreux débutants.
- Les crypto-monnaies ont perdu de leur attrait après leur forte chute de 2018.
- Investir après une baisse ne réduit pas le risque, surtout sur des produits spéculatifs.
- Le compte de démonstration est utile, mais il ne remplace pas la gestion du risque.
Pourquoi autant de particuliers sont revenus en bourse pendant la crise du COVID-19 ?
Si tu es dans cette situation, tu as sans doute vu les marchés chuter très vite et tu t’es demandé s’il s’agissait d’une opportunité ou d’un piège. C’est exactement ce qui s’est passé au printemps 2020 : la baisse violente des indices a créé un sentiment d’urgence, avec l’idée que les prix étaient “bradés” et qu’un rebond pouvait arriver rapidement.
Dans la pratique, ce type de contexte attire toujours deux profils : ceux qui veulent investir à long terme à prix réduit, et ceux qui cherchent un gain rapide sur un mouvement de marché. Le problème, c’est que les seconds se tournent souvent vers des produits risqués sans mesurer la vitesse à laquelle une position peut se retourner contre eux.
Une année 2019 qui s’était terminée en fanfare
L’année 2019 avait donné un signal très favorable aux investisseurs français. Le CAC 40 avait terminé décembre sur une hausse annuelle de plus de 26 %, ce qui a renforcé l’idée que la bourse pouvait rester porteuse, même pour un public peu habitué aux marchés financiers.
Autre événement marquant : l’introduction en bourse de la Française des jeux. Cette opération a rencontré un fort succès populaire, avec plus de 500 000 particuliers participants, et a contribué à familiariser une partie des Français avec l’investissement en actions. Ce que cela change pour toi, c’est qu’une première expérience positive peut donner confiance… parfois un peu trop confiance.
La suite l’a montré : même si la crise a fait plonger les marchés, l’action FDJ a relativement bien résisté. Introduite à 19,90 €, cotée autour de 22 € au départ, elle a brièvement reculé vers 18 € en mars 2020 avant de remonter rapidement au-dessus de 25 €. Dans les faits, cela a conforté l’idée chez certains investisseurs qu’un point bas pouvait offrir une vraie opportunité.
Les chiffres de l’AMF
Dans sa note d’avril 2020, l’AMF a constaté une hausse très nette des achats de titres du SBF 120 par les particuliers. Dès la semaine 10, puis encore davantage en semaine 11, les montants investis ont dépassé 400 millions d’euros par semaine, avec un pic à plus d’un milliard d’euros.
Concrètement, cela montre un retour massif des petits porteurs sur les grandes valeurs cotées. Ce n’est pas seulement un rebond “technique” du marché : c’est un changement de comportement, avec davantage de particuliers prêts à prendre position rapidement, parfois sans stratégie construite.
Un autre point important concerne l’âge des nouveaux entrants. Avant la crise, les plus de 50 ans dominaient. Pendant la période la plus tendue du COVID-19, les moins de 50 ans ont pris une place beaucoup plus importante, représentant certaines semaines près de la moitié des nouveaux investisseurs. Dans la majorité des cas, cela traduit une plus grande familiarité avec les outils numériques, mais pas forcément une meilleure maîtrise du risque.
Ce que ces chiffres impliquent vraiment
Les statistiques de l’AMF ne disent pas seulement que “les gens achètent plus”. Elles montrent surtout que les moments de crise peuvent déclencher un comportement d’achat émotionnel : peur de rater une opportunité, envie de se refaire après une baisse, ou recherche d’un rendement rapide. Sur le terrain, c’est souvent là que les erreurs commencent.
Le désintérêt pour les Crypto monnaies
Avant la crise du COVID-19, beaucoup de jeunes investisseurs avaient découvert la finance par les crypto monnaies. Le Bitcoin, le Ether et d’autres actifs numériques leur avaient servi de porte d’entrée, notamment parce que ces marchés sont ouverts 7j/7 et très volatils. Pour quelqu’un qui débute, cette volatilité peut donner l’impression d’un terrain de jeu stimulant.
Mais la chute brutale des crypto monnaies en 2018 a profondément changé la donne. Le Bitcoin est passé de près de 19 000 dollars à moins de 3 000 dollars, ce qui a refroidi de nombreux profils attirés par la hausse rapide. En pratique, cette expérience a poussé une partie de ces investisseurs à se tourner vers la bourse traditionnelle, jugée plus “classique” et parfois plus lisible.
La baisse des indices en 2020 a alors servi de point d’entrée vers les marchés actions. Pour certains, c’était une manière de profiter d’un niveau de prix bas qu’ils n’avaient pas connu depuis la crise de la dette grecque fin 2011. Mais attention : acheter “bas” n’est pas suffisant si tu ne sais pas combien de temps tu peux garder la position, ni quelle perte tu es prêt à accepter.
Le levier en ligne de mire avec les CFD
Ce qui ressort très clairement, c’est l’attrait des jeunes investisseurs pour le levier. Pendant longtemps, le SRD a été la solution classique pour amplifier une position. Aujourd’hui, les CFD occupent une place centrale, car ils permettent de spéculer avec une mise de départ réduite et d’exposer un capital limité à un marché plus large.
Mais ce que beaucoup découvrent trop tard, c’est que l’effet de levier amplifie autant les pertes que les gains. Si tu utilises un CFD sans bien comprendre son fonctionnement, une petite variation défavorable peut suffire à dégrader fortement ton capital. Dans la pratique, c’est l’une des principales raisons pour lesquelles les débutants perdent rapidement de l’argent sur ces produits.
On constate souvent que les nouveaux investisseurs commencent par chercher le meilleur broker CFD, puis ouvrent un compte de démonstration pour apprendre la plateforme. C’est une bonne étape, mais elle ne suffit pas à elle seule. Un compte démo te familiarise avec les boutons, pas avec la pression émotionnelle d’une vraie perte.
Si tu veux éviter les erreurs les plus fréquentes
- Ne confonds pas “produit accessible” et “produit simple”.
- Ne sous-estime jamais l’effet de levier.
- Ne prends pas position uniquement parce qu’un marché a baissé.
- Ne trade pas sans plan de sortie clair.
- Ne considère pas le compte démo comme une preuve de compétence réelle.
Ce qu’il faut retenir sur le risque des CFD
L’AMF rappelle depuis plusieurs années que les particuliers perdent souvent de l’argent sur les CFD. Une étude citée par l’institution montrait déjà, sur une période de trois ans, que 70 % à 90 % des particuliers y perdaient de l’argent en moyenne. C’est un niveau de risque très élevé, et il ne faut pas le minimiser.
Dans ton cas, si tu débutes, la vraie question n’est pas “est-ce que je peux gagner vite ?”, mais “est-ce que je peux encaisser une série de pertes sans sortir du marché trop tôt ?”. C’est souvent là que la différence se fait entre une approche réfléchie et une prise de risque impulsive.
En pratique, les CFD peuvent avoir un intérêt pour des profils avertis, capables de gérer strictement leur exposition, leur taille de position et leur stop-loss. Pour un investisseur novice, en revanche, ils sont rarement le meilleur point d’entrée. Il est généralement plus prudent de commencer par comprendre les actions, les ETF ou d’autres supports moins complexes avant de passer à des produits à effet de levier.
Conclusion
La crise du COVID-19 a agi comme un accélérateur : elle a ramené beaucoup de particuliers vers la bourse, souvent avec l’idée de profiter d’un rebond rapide. L’AMF a bien montré que cette dynamique concernait particulièrement les plus jeunes, plus attirés par le levier et les produits spéculatifs comme les CFD.
Ce que cela implique pour toi est simple : une baisse de marché peut créer des opportunités, mais elle peut aussi pousser à des décisions trop rapides. Si tu hésites encore, retiens surtout ceci : un bon timing ne remplace jamais une vraie gestion du risque. Et sur les CFD, cette discipline est encore plus importante que partout ailleurs.
FAQ
Pourquoi autant de particuliers sont-ils revenus en bourse pendant la crise du COVID-19 ?
Parce que la chute brutale des marchés a créé un fort sentiment d’opportunité. Beaucoup ont pensé pouvoir acheter au plus bas et profiter d’un rebond rapide. En pratique, cette logique attire aussi des prises de risque mal maîtrisées.
Que montre exactement l’AMF dans son document d’avril 2020 ?
L’AMF montre une hausse marquée des achats d’actions par les particuliers au début du confinement. Elle observe aussi un rajeunissement des nouveaux investisseurs pendant la crise. Cela traduit un retour de l’appétit pour le risque.
Pourquoi les jeunes investisseurs se sont-ils tournés vers les CFD ?
Les CFD leur permettent de spéculer avec un effet de levier et un capital de départ limité. Ils sont donc perçus comme un moyen rapide de profiter des mouvements de marché. Mais ce levier augmente fortement le risque de perte.
Le compte de démonstration suffit-il pour apprendre à trader ?
Non, le compte de démonstration ne suffit pas à lui seul. Il permet d’apprendre l’interface et les ordres, mais pas la gestion émotionnelle du risque réel. C’est utile pour débuter, mais pas pour valider une stratégie.
Les CFD sont-ils adaptés aux débutants ?
En général, non, pas si tu débutes vraiment. Les CFD sont des produits complexes et risqués, surtout à cause de l’effet de levier. Il vaut mieux bien comprendre les marchés avant de les utiliser.
Pourquoi les crypto monnaies ont-elles perdu de leur attrait ?
La forte chute de 2018 a refroidi beaucoup d’investisseurs. Le Bitcoin est passé de près de 19 000 dollars à moins de 3 000 dollars, ce qui a rappelé à beaucoup que la volatilité peut être extrême. Certains se sont alors tournés vers la bourse traditionnelle.
Que signifie investir avec effet de levier ?
Investir avec effet de levier consiste à exposer une somme plus importante que son capital réellement mobilisé. Cela peut amplifier les gains, mais aussi les pertes. C’est donc un outil à manier avec beaucoup de prudence.
Comment éviter de perdre trop vite sur les CFD ?
Il faut limiter la taille des positions, définir un stop-loss et éviter de trader sous l’effet de l’émotion. Il est aussi important de ne jamais engager de l’argent dont tu as besoin au quotidien. Sans discipline, le risque devient très élevé.

